Tuesday, March 13, 2018

Maurice à 50 ans, quel gâchis !

Notre modèle de développement n’a pas été à la hauteur des attentes de la grande majorité des Mauriciens pour insuffler le dynamisme requis à cause, notamment :

1. Des institutions publiques et des chiens de garde peu fiables. En revanche, il faut des dirigeants crédibles et une équipe engagée pour bâtir des institutions qui inspirent confiance ;

2. De l’affaiblissement de la rule of law. Aussi longtemps que ; l’ensemble de nos lois ne sont pas régulièrement mis à jour et appliqué san get figir ;  la culture de l'impunité s’enracine ; l'exemplarité est ignoré ; la transparence et la redevabilité ne sont pas exigées ; Maurice continuera à susciter la méfiance et le cynisme. La pire chose qui puisse arriver à n'importe quelle nation, c'est l’intériorisation par ses citoyens (et ses nouveaux migrants « défiscalisés ») de la justification morale (et cynique) pour faire fi de la loi ;

3. D’un système qui récompense à peine l’effort, si ce n’est de manière fortement disproportionnée. Les plafonds de verre, la lutte pour joindre les deux bouts et se permettre un habitat décent et désenclavé ne sont pas propices à l'identification au Projet Maurice. Dans ces conditions, ce serait un miracle si, entre autres ; transformer l'esprit zougader en évacuation de stress ; le mépris que véhicule le bling bling des nouveaux riches ; l’affichage des villas à des prix surréalistes ; ne démotivent pas, n’attisent pas les maux sociaux et les problèmes de santé, ne déstabilisent pas les familles, ne nuisent pas à la productivité du travail, n’alimentent pas la fuite des cerveaux, etc ;

4. De l'assistanat des entreprises fatalement anti-lean management par la dépréciation délibérée et persistante de notre monnaie. À l'indépendance, il fallait environ 13 roupies pour acheter une livre sterling. Aujourd'hui, nous avons besoin d'environ 47 roupies. Nous ne pouvons que prier que la roupie ne sombre pas encore au niveau 66 comme en 2007. Ensemble, le pouvoir d'achat en baisse constante, les coûts d'emprunt élevés qui épuisent le revenu disponible et alourdissent la trésorerie, la corruption endémique et le chômage structurel constituent une distorsion systémique monstrueuse qui déclenche un cercle vicieux pour les ménages aussi bien que les entreprises autrement performantes ;

5. Du tapis rouge pour l'accaparement des terres et des plages. Non seulement les grands propriétaires fonciers ont bénéficié d'un renchérissement phénoménal de leurs actifs, les étrangers aussi ont été autorisés à acheter des propriétés. Parallèlement, cette manne a grippé toute initiative à grande échelle visant à sauver notre souveraineté alimentaire en plein désarroi. L'une des mesures phares et audacieuses pour désamorcer un potentiel réveil brutal découlant du ressentiment populaire serait une réforme agraire complète et avisée ;

6. De la disparition de la planification. Au lieu de cela, l'élaboration des politiques a été sous-traitée à des technocrates sans la moindre imagination et à des charlatans. Ce qui est primordial, c'est une culture fondée sur l'expérimentation, l'apprentissage rapide et les améliorations progressives ainsi qu'un mécanisme de carotte et de bâton qui incite les gens à purger le système de ses inefficacités ;

7. Des infrastructures médiocres. Il y a eu certes un réalignement superficiel de la connectivité interne et externe. Hélas dans l'ensemble la tentative n’a réussi à combler qu’une partie du décalage. Sans toutefois rattraper la demande actuelle. En conséquence, anticiper la demande future serait trop demander. Il suffit d'observer comment le « tigre » tropical peut être tétanisé par un cyclone, des pluies torrentielles ou une relative sécheresse, même si le synopsis ne correspond pas à la définition d'un « black swan ». La mauvaise exécution, la maintenance inexistante et l'insouciance dans la maitrise des coûts ont amplifié les inadéquations systémiques. La vérité est que, mesurée à l'échelle mondiale, Maurice est logistiquement à la traine ;

8. De la désactivation du mode créativité, résolution de problèmes et esprit entrepreneurial dans le système éducatif. En fabriquant des « troupeaux de moutons » et en célébrant leur avatar smart, la surspécialisation, l'apprentissage par cœur et l'obsession de l'examen peuvent réconforter les partisans du statu quo au sommet, n’empêche c’est un imbroglio qui fige la formation d’un capital humain apte à faire face à l'assaut de l'intelligence artificielle et survivre la concurrence mondiale féroce ;

9. De l’identité mauricienne perturbée. La réticence à intégrer ouvertement notre lingua franca locale en est une illustration. D’autre part, nous sommes devenus vulnérables au soft power étranger dont les séquelles sont incarnées de manière de plus en plus hégémonique par des récits aliénants (et servant accessoirement  de diversion aux problèmes criants). Surtout depuis l'avènement de la « République » et des bouquets satellitaires. Alors que nous aurions pu exploiter toutes les caractéristiques de notre ADN cosmopolite pour construire une nation ancrée dans des énergies créatives infinies. Ne rien faire à ce sujet est suicidaire ;

10. Lakorite  entachée. En fait, c'est le point qui cristallise tout ce qui précède. C’est le baromètre qui résume les symptômes d’une décadence ou, à contrario, qui révèle le degré de notre bien/mal vivre ensemble. Lorsque certains observateurs affirment que Maurice « moderne » a apprivoisé la bête du « communalisme » (lire le sectarisme), les plus perspicaces ne peuvent qu’exprimer leur scepticisme. Le repli identitaire est dangereusement rampant. Nos différences sont toujours instrumentalisées de façon sordide pour soutenir le clientélisme politique.

On pourrait dire que nous avons assisté à une amélioration de la qualité de vie si le matérialisme est le seul critère du progrès. Peu importe le prix à payer et l’indifférence absolue par rapport à la qualité, l’esthétisme et les normes. Il y a un besoin pressant de délégitimer les agitateurs de la croissance de la cupidité, du ruissellement vers le haut de la richesse nationale, du bat bate, du tribalisme, des aberrations, de la recherche de rente économique / sociale, des tendances ploutocratiques, des injustices, des inégalités, etc.

L'économie de marché en soi n'est pas le problème, elle le devient lorsque les politiques et l'environnement socio-géopolitico-économique tendent à promouvoir un pôle attractif pour les affaires douteuses et la cartellisation. La décroissance de tous ces parasites doit être complétée par une forte croissance de leadership, de vision, de recul, de solutions glocales, de synergie, d'innovation, d'écologie, d'équité, d'empathie et de bien-être.

 Un changement effectif pourrait se matérialiser avec l'émergence d'un élan citoyen conscient des enjeux qui renverserait le majakaro, le sophisme, le déni et le jeu de blâme des «squatters» qui contrôlent les couloirs du pouvoir politique, économique et médiatique. Un pouvoir parfois fissuré pour des intérêts à court terme, mais essentiellement solidaire dans « l’intérêt supérieur du pays » !

Les négativités peuvent être aussi contagieuses qu'une impulsion bienveillante collective – ceci davantage dans un endroit relativement petit. Même si un revirement semble particulièrement rocambolesque, nous devons garder cela à l'esprit.

Friday, March 9, 2018

It took us just 50 years to unbuild Mauritius

Our brand of development has failed to ignite the desired mojo and live up to the expectations of the many because of, namely:

1. Unreliable public institutions and watchdogs. It takes inspirational heads and a committed team to build trustworthy institutions;

2. Weakening rule of law. Unless and until our set of laws and regulations are regularly updated and indiscriminatingly enforced, the culture of impunity for the few fades, leading is by example, transparency and accountability prevail, our motherland will continue to foment mistrust and cynicism. The worst thing to happen to any nation is when people tend to feel they have a moral justification to flout the law;

3. The heavily lopsided reward system. Glass ceilings, the struggle to make ends meet and to afford a decent and unisolated habitat are not conducive to identification to the Mauritius Project. Under these conditions, it would be a miracle if, say, turning zougader* spirit into stress relief, contempt through bling bling of the few and flashing surreally-priced villas on billboards, do not also demotivate, whip up social ills and health issues, ruin families, hurt labour productivity, fuel brain drain, etc.;

4. The "welfare state" for lazy and/or fat businesses courtesy of the deliberate and persistent depreciation of our currency. At independence it took about 13 rupees to buy one pound sterling. Today we need about 47 rupees. We can only pray we never reach the 2007 Peak Dive of 66 rupees. Lumped together, ever-shrinking purchasing power, steep borrowing costs that deplete any disposable income, endemic corruption and structural unemployment constitute a monstrous systemic distorter and parasite that triggers a vicious cycle for households and forward-thinking businesses alike;

5. The red carpet for land grab. Not only have mighty landowners been gifted with phenomenally inflated valuation of their assets, foreigners have been empowered to buy property. The in-built disincentive has frozen any large-scale initiative to salvage our crumbling food sovereignty and reverse the frightening deindustrialisation process. One the wisest and boldest steps to defuse the looming violent wake-up call stemming from brewing popular resentment is through a comprehensive and savvy land reform;

6. The demise of planning. Instead, barring the early years of independence, policymaking has been outsourced to one-track minded technocrats and charlatans. What is paramount is a culture founded on experimentation, fast learning and incremental improvements along with a mechanism of carrot and stick that nudges people to suppress inefficiencies;

7. Shoddy infrastructure. There has been an apparent re-alignment in internal and external connectivity but by and large the attempt has merely managed to fill up part of the lag. Without actually catching up with current demand. Accordingly anticipating projected demand would be asking too much. Just observe how the tropical "tiger" can be overwhelmed by a cyclone or extremely low and high rainfall even if the synopsis does not fit into the definition of a "black swan**". Poor execution, inexistent maintenance and cost ineffectiveness have magnified the inadequacy and systemic disruption. The bitter truth is, measured on a global scale, Mauritius is logistically a laggard;

8. The disabling of the creativity, problem-solving and entrepreneurial mode in the education system. Over-specialization, rote learning and exam obsession that manufacture herds of "sheep" and celebrate their smart avatar may comfort the status quo seekers at the top but they barely train the human capital to cope with the onslaught of artificial intelligence and survive the cut-throat global competition;

9. The nurturing of the self-hating Mauritian. The reluctance to openly embrace our local lingua franca is one illustration. Another is how we have become vulnerable to foreign soft power as epitomised by the “exotic”, unsophisticated and pervasive narratives since the advent of "la république". We have grown grateful to tokenism. When we could have harnessed all the features in our cosmopolitan DNA to build a nation anchored in infinite creative energies. Doing nothing about it is suicidal;

10. Undermined lakorite***. In fact this is the culmination of all the above. When some observers claim that "modern" Mauritius has tamed the beast of "communalisme" (read sectarianism) the more insightful can only wince. Repli identitaire is dangerously alive and kicking. Our differences are still being sordidly instrumentalised to feather vote banks. Whether more subtly, less in-your-face is irrelevant.

Arguably, we have witnessed a nationwide upgrade if materialism is the sole marker of progress. Regardless how dramatic the costs and the absolute disregard for quality and standard. We now desperately need to delegitimise the enablers of growth in instant gratification, GDP extraction, bat bate****, feelbad factor, tribalism, common non-sense, economic and social rent seeking/clientelism, plutocratic tendencies, injustices, inequalities, etc.

Market economy per se is not the problem, it becomes one when policies and socio-economic environment tend to promote a magnetic hub for business hanky panky and cartelisation. The de-growth of these nuisances must simultaneously be complemented with robust growth in leadership, vision, hindsight, home-grown solutions, synergy, innovation, eco-friendliness, fairness, empathy and contentment.

Effective change will roll down with the emergence of a mindful citizen agency that overturns maja karo*****, sophistry, denial and blame game of the "squatters" who control the corridors of political, business and media power. Small can be beautiful as well as awful. It depends on the context. Negativities can be as contagious as a gung-ho impulse. The more so in a relatively small place. Even if a turnaround looks tremendously challenging we must keep this in mind.

* Betting culture.
**An event that comes as a surprise and brings devastating impact in its wake.
*** Effortless sense of collaboration between stakeholders that transcends creed and skin colour.
**** Doing things the least bothered by the imperative of achieving excellence.
**** Overindulgence spree.   

Thursday, August 10, 2017

Pena zes avek Norvezien, zot just do it!

Sa reportaz-la ti difize an 2007. Zordi so video pe fer enn ti buzz lor sosial media dan Moris. Kan Facebook ek WhatsApp pa servi zis pou gonaz ou sepaki komeraz ankor ena sans ouver sa simin lalimier Kaya ti pe rode. Initil zwe film kouma Rocky I, II… aster. Lepep (pa manti manti-la) kone ki Mirak ti enn bom fizet pou mazorite Morisien. Pa ti pou normal si devlopman bat-bate ek so mam-kole lindistri kokin ranpli vant ek fer leker kontan. Pa koz Mirak II.


Avek sa video-la enn pake dimounn inn dekouver ki lavi zot ti souete pa zis dan rev sa. Ena ti konn zis “pli gran demokrasi dan lemond”, lot zis “model westministerien” ou “nou-mem meyer dan Lafrik”. Zordi, bann bouke televizion franse kapav remersie nou Idiot Box nasional pou sa, boukou inn gagn enn lavaz servo ek “larepiblik”. Nek zis dir sa bann fraz-la ep maja karo tou seki fake disparet. Pli komik ankor, pou ena “intelektiel” (dan Moris sa ve sirtou dir enn dimounn ki kas pake kan li exprim-li an franse ou angle) bizin zis azout 2em,3em… ek repiblik pou gout sanzman. An plis Norvez enn monarsi...konstitisionel avek gouvernman parlmanter.

 Se dimounn ki fer bann institision ki li parlman, zidisier, lapolis, media, gard-fou, bord direkter, relizion, lekol, lafami ek sosiete sivil mars kouma bizin. Kan enn zournalis, bien eklere sanla-la, ti demann enn ansien direkter lodit si li trouv normal ki li met kas per diem dan so pos ek al dormi kot so fami, li reponn pena narien dan lalwa ki anpes li. Li kler ki se pa zis letik protestan ki fer Norvez dezirab. Sosiete anbalao kan dimounn anbalao dan so latet mem.

Aster ki video-la inn donn enn feelgood, eski se Bom Fizet I, II… ou nou pou fini par realize ki nou ena kapasite pou ranvers sitiasion kot lespwar pe tomb dan delo pli gro ek malprop sak zour ? Nou kapav koumans par aret sarie nou-bann bouro lor nou zepol gayar ziska lesafo ! Lakle dan nou lamin.

Warning : Personn pa pe dir Norvez paradi lor later ek kouma nou fer avek bann “exper” sanpion dan koustik mantal ek Labank mondial ou FMI bizin outsource nou lespri ar Norvezien aster.

Thursday, May 4, 2017

Les « élites » et nous : quel amour-haine !

Jadis, les élites étaient assimilées à une classe de personnes sages pétries de nobles intentions dont le comportement tendrait à susciter respect, adulation et émulation. Elles réunissent une minuscule minorité en position dominante au sein, entre autres, de la politique, du monde des affaires et de l'intelligentsia. Depuis les années 1980, elles fonctionnent pratiquement comme une multinationale, en mode corrompu de la citoyenneté du monde certes, qui transcenderait frontière, religion, couleur de la peau et genre.

Aussi connues comme establishment, elles façonnent les normes de fonctionnement des sociétés et tissent les liens entre citoyens avec un potentiel à dégager un épanouissement collectif ou, le cas échéant, à baliser la voie vers le désenchantement et le chaos. Une grosse colère populaire se dessine ou se manifeste déjà à travers le monde face à un arrangement pas forcément orchestré, mais spontané, sordide et farouchement ancré dans la quête du statu quo. Même si le contrecoup varie en termes d'intensité et d'amplitude d'un pays à l'autre, les ondes négatives n'ont jamais semblé aussi contagieuses.

Toutefois, ce serait absurde de suggérer que l'ensemble de l'establishment s'est transformé en un club de crétins sans vergogne. Ce serait plutôt son pan d'arrivistes qui s'est associé à un autre pan parmi les nouveaux riches exclus dans une course cynique, bourrée d'avidité, vers la Grande Dérive. Pourtant, toute cette supercherie a été tellement prévisible. Le Miracle-en-Carton, la Réforme Fructueuse et le Miracle Cuisiné ont toujours incarné beaucoup plus, voire carrément autre chose, que la bande annonce ou la critique des courtisans et le plébiscite officiel.

Devinez qui a contribué, même inconsciemment, à favoriser le processus pour stimuler la croissance des rentiers et des oligarques ? Nous, les citoyens sans discernement, les médias complaisants, les experts pantins avons maintenant l'opportunité de nous ressaisir et, de surcroît, l'incitation restée hélas insaisissable pendant trop longtemps, pour sortir du Cycle Infernal.

Pour commencer, nous devons nous efforcer de nous libérer de nos chaînes mentales et matérielles. Ai-je formulé que ce serait une partie de plaisir ?

Wednesday, May 3, 2017

Do we really get the “elites” we deserve?

Elites have generally been associated to a class of gentle and wise people whose ways tend to command respect, adulation and emulation. They constitute, namely, of a political, business and intellectual dominant minority often dubbed establishment. Since the 1980s, they have been operating almost like a multinational with a tainted brand of global citizenship that claims to cut across border, skin colour, religion and gender.

When well meaning, elites set up the norms expected to bind citizens into collective contentment. Alternatively, when cynical, they yield discontent that may drift into disarray. As currently expressed by the worldwide anger. Even if the backlash varies in intensity and dissemination from one country to another. Negative stimuli have never seemed more pervasive. Anyway, what matters is we are finally waking up to the spontaneous convergence of sordid interests.

 However, it would be unfair to suggest that the entire establishment has morphed into a club of self-serving morons. It is rather the arriviste chunk of insiders has ganged up with the nouveau riche chunk of outsiders in a sleazy and bountiful ride to the Great Deception. Yet, the writing has been on the wall. There has always been plenty more to the Paper Miracle, the Reform Blossom and the Cooked Miracle than meet the eyes.

Guess who eased, albeit unwittingly, the process of doing monkey business? We the undiscerning citizens, the self-indulgent media, the fabricated experts have now the opportunity to redeem ourselves and also the elusive incentive to spin out of the Vicious Cycle. To begin with, we ought to seek to break free of our mental and material shackles. Did I ever assert it would be a piece of cake?

Wednesday, November 9, 2016

Les ailes de AirAsia Africa

Les instances dirigeantes mauriciennes semblent avoir une tendance à se figer dans une culture d'occasions manquées. Plus enclines à compter désespérément sur la bienséance pourtant  insaisissable des «pays amis» pour soutenir notre expansion économique. Maintenant que l'atmosphère mondiale s'est bien assombrie et que la concurrence n'a jamais été aussi agressive, nous ne pouvons que prier pour l'avènement d'un leadership apte à couper les ailes des privilèges trop bien enracinés, le détournement des fonds et le batt-batte.

Si le corridor Asie-Afrique a été un délire, l'arrivée d'AirAsia pourrait s'avérer une opportunité réelle. AirAsia, plébiscitée internationalement dans sa catégorie, a déjà exprimé sa vision d'étendre son service à l'Afrique. Seul, Air Mauritius n'a pas les ressources pour sortir indemne de la concurrence impitoyable. Une grande compagnie aérienne comme Qantas a avalé son orgueil pour entrer dans un partenariat productif avec Emirates afin de surmonter ses années difficiles. Existe-t-il une objection valable à ce que Air Mauritius rejoigne AirAsia pour desservir l'Afrique et les îles de l'océan Indien?

Une démarche à compléter simultanément avec la suppression de toutes les taxes sur la destination locale Rodrigues. Et pourquoi pas sur La Réunion, Seychelles, Comores, Madagascar, Maldives et Mayotte aussi dans un élan de dynamiser le concept des îles Vanilles? Les retombées positives d'un désenclavement accentué de Maurice tout en offrant des sièges à des prix abordables sont évidentes. Aucun lobby requis ici.

Air Mauritius, comme beaucoup d'autres compagnies aériennes, exploiterait alors une deuxième compagnie aérienne, low cost et régionale, dans une joint venture tout en générant plus de revenu. AirAsia pourrait bénéficier d'incitations fiscales pour investir dans son hub grâce à un terminal low cost (l'ancien terminal de l'aéroport SSR?). Qui pourrait plus tard accueillir aussi d'autres concurrents.

Air Mauritius impose des prix haut de gamme. Pourtant, peu d'entre nous seraient d'accord pour dire que la prestation est haut de gamme. De toute évidence, Emirates a bien profité de l'opportunité de la destination Maurice, même si dans son cas la prestation est résolument haut de gamme. Actuellement, il opère avec l’A380 cinq vols quotidiens sur Bangkok à un tarif aller-retour jusqu'à 40% moins cher qu’un vol entre Londres et Maurice pour un temps de vol similaire en classe economique. La destination Bangkok étant farouchement concurrencée par Cathay Pacific, Singapore Airlines et Thai Airways.

Un  autre exemple qui explique comment la concurrence peut devenir une aubaine pour les voyageurs: le prochain vol de Qatar Airways sur Auckland. Le prix de lancement départ Londres (temps de vol d'environ 25 heures via Doha) correspond au prix Londres-Maurice (temps de vol environ 14 heures via Dubaï sur Emirates). Emirates ne peut pas utiliser l'excuse du taux de remplissage pour justifier les taux élevés pratiqués sur Maurice. Il ne manque pas de flamme pour négocier un troisième vol A380 quotidien.

Turkish Airlines n'a pas encore tempéré la fougue d'Emirates probablement parce que son image est entachée par l'instabilité politique en Turquie. Les prix pratiqués par Air Mauritius et d'autres compagnies aériennes sur la plupart des itinéraires européens, même pendant les promotions, semblent être alignés sans que les chiens de garde de la concurrence ne mordent. Paradoxalement, c'est l'un des facteurs qui contribue à conférer à Maurice l'image d'une destination relativement coûteuse. D'où l'ambiguïté du label haut de gamme revendiqué par le secteur de l'hospitalité.

Parallèlement à son éventuel actionnariat dans AirAsia Africa, Air Mauritius n'a d'autre choix que de se concentrer sur les moyennes et longues distances sur des destinations intelligemment ciblées et de rehausser son offre. Air Mauritius doit se réinventer en réorganisant de fond en comble son fonctionnement et en révisant la nomination de ses membres du conseil d'administration et la structure et choix de ses actionnaires. Pour aspirer au niveau de, disons Singapore Airlines, la chasse à un CEO de la trempe de Tim Clark d'Emirates doit être une des priorités. La norme Dodoland, même archi-louée, ne suffit pas.

David Ogilvy, le magnat légendaire de la publicité, a une fois exprimé l'opinion suivante: “j'ai rencontré de nombreux CEO à travers le monde, mais je peux compter combien de leaders parmi.” Air Mauritius peut se permettre un tel leader. En revanche, ce que nous ne pouvons pas nous permettre, c'est de se lamenter et de redouter les nombreux défis de la mondialisation à venir sans anticiper les opportunités. Pour transformer Air Mauritius, ce leader devrait systématiquement incarner la stratégie de changement, synergiser toutes les parties prenantes, exprimer ses compétences de "dégraisseur".

 Sans volonté politique, pas de changement. Dans le secteur du transport aérien, la sécurité ne peut être négociée, mais la souveraineté sur la propriété doit être partiellement cédée pour gagner en contrôle global. Dans l'ensemble, un acte d'équilibre façonné par la clairvoyance et la perspicacité. Internet et les Millenials continueront à imposer leurs empreintes. Les dépenses ostentatoires  concèderont de plus en plus de part de marché à la quête d'expériences mémorables. Par conséquent, nos outils marketing (où les consultants sont inutiles) doivent être entièrement rafraîchis.

Pour exploiter judicieusement le marché local et mondial du XXIe siècle, l'innovation, le fonctionnement allégé et le comportement éthique seront plus que jamais les principaux moteurs. La manière dont les trois composants fusionnent déterminera l'avantage concurrentiel. Et les offres low cost, sans forcément être la norme, compteront parmi les acteurs omniprésents. Les modèles de développement qui incitent à la rente n'ont jamais été durables de toute façon. Ils se nourrissent de la corruption, lien à l'origine de la plupart des catastrophes.

The Wings of AirAsia Africa

Mauritian governing bodies seem endlessly locked in a culture of missed opportunities. More prone to rely helplessly on the soft corner of the ever-elusive "pays amis" to sustain our economic expansion. Now that the global mood has turned gloomy and competition has never been more cut-throat, we can only pray for the advent of the desired captainship that will clip the wings of entrenched privileges, siphoning of funds and sloppiness.

As much as the Asia-Africa corridor has been a delusional "game-changing move", if smartly harnessed, the arrival of AirAsia could be the real deal. AirAsia, hailed internationally in its category it is worth noting, has already expressed its vision to extend its service to Africa. On its own, Air Mauritius does not have the clout to come through the ruthless skies unscathed.

A large airline such as Qantas let go of its hubris to enter into a productive partnership with Emirates to turn around its struggling years. Is there any valid objection to Air Mauritius joining wings with AirAsia to service Africa and the Indian Ocean islands? A move to be simultaneously complemented with the waiving of all taxes on domestic destination Rodrigues. And why not La Réunion, Seychelles, Comoros, Madagascar, Maldives and Mayotte too in a bid to ignite the Vanilla Islands concept?

The benefits of connecting Mauritius extensively while offering affordable seats are self-evident. No lobby or vested interests required here. Air Mauritius, like many other airlines, would then operate a second airline, a low-cost regional one, in a joint venture while potentially generating more revenue. AirAsia could be granted tax incentives to invest in its hub courtesy of a low-cost/regional terminal (the older terminal of SSR Airport?) that will later accommodate other competitors too. All in a spirit of market and customer friendliness.

Air Mauritius has been charging premium rates. Yet few would approve that delivery has been premium. Clearly Emirates has bandwagonned even if in its case delivery is resolutely premium. Currently, it operates five daily A380 flights on Bangkok, and economy return tickets from London for similar flight time than on Mauritius can fetch about 40% less. The Bangkok route being fiercely challenged by Cathay Pacific, Singapore Airlines and Thai Airways.

Another demonstration of how competition can become a boon: Qatar Airways' forthcoming flight to Auckland. The launching ticket price from London (flight time about 25 hours via Doha) matches the price from London to Mauritius (flight time about 14 hours via Dubai on Emirates). Emirates cannot use the passenger load factor excuse to justify the high rates for destination Mauritius. It is bullish enough to press for a third daily A380 flight.

Turkish Airlines has yet to dent the industriousness of Emirates probably because its image is tainted by political instability at home. Prices practiced by Air Mauritius and other airlines on most European routes, even when promotions are run, appear to be closely aligned without competition watchdogs biting. Ironically, this is one of the factors that contributes to confer Mauritius the status of a relatively expensive destination. Hence distorting the claim of (uniquely) premium quality attributed to the hospitality sector.

In parallel with its stakes in AirAsia Africa, Air Mauritius has no alternative but to focus on medium and long hauls on handpicked destinations and upgrade its offer. To stay relevant Air Mauritius must reinvent itself through namely a massive overhaul of operations and a revisited board member appointment and shareholder structure and activism. To match the aspirations of, say Singapore Airlines, a CEO of the wingspan of Emirates' Tim Clark must be headhunted globally. Dodoland standard, however celebrated, simply won't do.

Iconic advertising magnate David Ogilvy once opined something like: “I have met many CEOs around the world, but I can count how many leaders I have encountered. ” Air Mauritius, a critical contact arm of Mauritius with the world, can afford such a leader. What we cannot afford is lament and dread the many pitfalls of globalization still to come without anticipating the opportunities. To transform the ailing company, this leader needs to astutely, boldly and consistently radiate the strategy for change and to thrive, synergise all stakeholders, express her fat-cutting skills.

As in practically most situations nationwide, no political will, no change. In the airline industry, security cannot be negotiated but ownership sovereignty has to be partially relinquished to gain in effective overall control.  All in all, a balancing act shaped by foresight and acumen. Internet and millennials will continue to impose their footprints. Conspicuous consumption will increasingly yield to the quest for memorable experiences. Accordingly, our marketing intelligence (where consultants are the most ineffective) has to be comprehensively refreshed.

To fruitfully tap the 21st century local and global market, innovation, lean operations and ethical behaviour will be the key drivers more than ever. How savvily the three components blend will determine the competitive edge. And low-cost offers, without necessarily being the norm, will count among the ubiquitous vehicles. Development models that incentivise rent-seeking have never been sustainable anyway. They feed on the bond of most crashes  corruption.