Monday, October 26, 2009

De la jugeote pour éclairer la voie citoyenne

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D'une manière générale, la dernière crise financière mondiale a été attribuée à une combinaison de défaillance du cadre régulateur, l'insuffisance des modèles mathématiques et la cupidité. Il semble que nous ayons occulté un autre facteur: la vision étroite des choses qui se traduit par la focalisation sur une seule idée, une seule opinion, une seule donnée etc., à l'exclusion des autres.
Peu importent les noms qu’on donne à un tel état d’esprit, ils se réfèrent tous à un processus mental tout aussi réducteur. Est-ce que le secteur financier a le monopole de cette vision étroite des choses? Absolument pas. Toute organisation qui empêche l'échange d'informations et réprime les opinions contradictoires se transforme en une caisse de résonance de la pensée unique, réduit l'efficacité et est vouée à l'effondrement à un moment donné.
La mondialisation met à rude épreuve notre niveau de conscience au travers duquel nous voyons tout en noir ou tout en blanc, ne laissant pas de place aux gris qui prédominent en fait. Le paradoxe est que la technologie ne se contente pas d'intégrer et de massifier le monde comme jamais auparavant, elle le fragmente simultanément et stimule la demande pour des métiers de plus en plus spécialisés et sophistiqués. Arboré l’étiquette d’expert n'est pas en soi une tare. Mais, quand l'«expert» devient nombriliste et se transforme en chouchou des médias, il perd souvent de sa pertinence et peut véhiculer les germes d'une chute collective tragique.
Un «expert» n'est pas forcément quelqu'un avec une vision étroite, il peut très bien être très perspicace mais a eu la malchance de s'être enfermé dans un milieu complètement déconnecté du monde extérieur. En conséquence, dans une même entreprise, un cabinet de conseil par exemple, les membres d'un même département peuvent être résolument "optimistes" alors que d'autres, dans un autre département, peuvent être tout aussi résolument "pessimistes" sur les perspectives économiques.
Trop souvent, on confond la connaissance avec l'intelligence. Un enfant de quatre ans, par exemple, peut apprendre à énoncer les multiples de cinq jusqu'à mille. C'est probablement parce qu'il a une bonne mémoire. Pourtant, il faut un esprit très éclairé et perspicace pour expliquer, disons, comment les responsables gouvernementaux s'abritent derrière des statistiques biaisées et la rhétorique pour tenter de prouver leur compétence, ou comment décoder les schémas toxiques incorporés dans les politiques inspirées par le tandem FMI-Banque mondiale qui les rendent si dévastatrices.
La mauvaise nouvelle c'est que cette vision étroite n'est pas si facile à surmonter. Au mieux, dans le court terme, les dirigeants peuvent s'efforcer d'atténuer son impact, en identifiant les zones de complaisance afin d'instaurer un esprit d'équipe entre les différents départements/secteurs et de susciter les remontées d'informations. Mais, le fait d'être dans l'ère du prêt à penser n'arrange guère les choses. Il faudrait maintenant se concentrer sur la refonte du système éducatif afin que les générations futures puissent faire face aux défis à venir.
Fondamentalement, l'éducation formelle doit permettre aux individus de passer allègrement du système 2 (analytique) au système 1 (intuitif, créatif et contextuel) et vice-versa. Toutefois, nous nous leurrons, si nous pensons que l'introduction de quelques heures de cours de "philosophie" en fin de cycle scondaire, par exemple, suffit pour renverser la tendance. En fait, il n'existe aucune preuve que ces études développent systématiquement la "pensée latérale", la "pensée hors cadre", "la pensée critique", la "pensée complexe" etc. - termes utilisés pour exprimer les aptitudes cognitives aiguisées. A moins de confondre l'esprit de synthèse avec l'esprit de contradiction ou l'art de la rhétorique.
De toute évidence, l'éducation orientée vers l'examen, avec un apprentissage qui, de surcroît, récompense la mémorisation, sollicite excessivement le cerveau gauche. Si mettre sur le marché du travail chaque année des milliers de citoyens avec une lecture littéraliste du monde et une fibre entrepreneuriale amorphe ne nous enchante pas vraiment, alors nous devons réexaminer de toute urgence les programmes scolaires. Ils doivent non seulement ratisser beaucoup plus large, mais, en outre, ils doivent être à base d'enquêtes dès le début de la scolarisation pour faire fonctionner à la fois le système 1 et le système 2. L'approche interdisciplinaire y est primordiale.

Pour éviter davantage de dérapages, nous devons nous méfier des leaders qui prétendent savoir plus que ce qu'ils savent réellement. Les informations doivent circuler librement; elles doivent aussi être filtrées et mises à jour régulièrement. Il ne s'agit aucunement de fabriquer des génies, mais de cultiver le discernement. Un retour au bon sens, voilà qui nous ferait beaucoup de bien. En surmontant le carcan intellectuel et culturel, nous célébrons également la diversité sous toutes ses formes, nous favorisons la collaboration et l'innovation, tout en ouvrant la voie au véritable progrès.









Sunday, October 11, 2009

Dodoland: The Branding of

The truth, Simon Anholt, founder of the National Brands Index, holds, is that "places can’t construct or manipulate their images with advertising or PR, slogans or logos – and although some governments spend large amounts of money trying to do just that, there is absolutely no proof that it works. The only sure way places can change their images is by changing the way they behave: they need to focus on the things they make and do, not the things they say."

And what makes brand Italia so mamma mia? "In the end it's the Italian people who brand Italy, and they do it so damn well", Simon Anholt argues. Ironically, if we take into account how the image of Mauritius and the self-confidence of its citizens ought to have benefited from the years of "miracle" and "reform", there should not be any justification for a branding exercise!

There is more than meets the eye. If only magic bullets were available to satisfy our needs and desires! More realistically, Simon Anholt identifies the key drivers that can potentially be conducive to achieve image benefit:

  • through courageous and enlightened social, economic, environmental and foreign policies;

  • through the dynamic development of tourism, foreign investment and exports;

  • through carefully chosen international cultural, sporting and political events;

  • through improved cultural and academic relations with other countries;

  • through a strategic commitment to international development and poverty reduction;

  • through productive engagement with multilateral institutions, regional organisations and with NGOs at home and abroad;

  • through effective coordination between government, industry and civil society;

  • through enhanced public and private diplomacy overseas;

  • through a visionary long-term approach to innovation, investment and education.

In short, "the best way for a country to generate a good image is by implementing good policies".

Friday, October 9, 2009

In Praise of Common Sense


Generally, the latest global financial crisis has been attributed to a combination of regulatory failure, inadequate mathematical models and greed. We seem to have been oblivious of another element: tunnel vision. It translates a narrow perspective stemming from concentration on a single idea, opinion, data etc., to the exclusion of others.

Mindsets such as silo mentality, groupthink, bean counting etc., refer to an equally reductive process. Does the financial sector have a monopoly on tunnel vision? Absolutely not. Any system or organisation that inhibits information sharing  and restrains dissent transforms itself into an echo chamber, reduces efficiency and is bound to collapse at some point.

Globalisation is straining our level of consciousness through which we perceive in blacks and whites a world that typically unfolds in grays. The paradox is that while technology integrates and massifies the world like never before, it simultaneously creates fragmentation and boosts demand for more specialised and sophisticated professions. Bearing the "expert" label is not, per se, a curse. But, when it feeds on self-absorption and grows into a media darling, it also loses its relevance, with a potential to hurt badly.

An "expert" is not necessarily dumb though, she may well be the savviest but may have been bullied into a "silo" disconnected from the outside world. As a result, within the same organisation, a consulting firm for instance, members of the same department may be adamantly "bullish" while others in another department may be as adamantly "bearish" on economic prospects.

Too often, we confuse knowledge with intelligence. A four-year-old girl, for example, can be trained to reel off multiples of five up to one thousand. That is probably because she has a very sound memory. Nevertheless, it takes an informed and insightful mind to explain how, say, government officials shelter behind bogus statistics and buzzwords to prove their worth, or to decipher the toxic patterns embedded in IMF/World Bank-inspired policies that make them so backlash-prone.


The bad news is that tunnel vision is not that easy to beat. At best, in the short run, leaders can strive to alleviate its impact by identifying the comfort zones in a bid to somehow unleash cross-sectoral/departmental team spirit and feed-backs. But, we are in the midst of systemic dumbing down. Focus must now be on overhauling the education system so that future generations can cope with challenges to come.

Basically, formal education must enable individuals to switch nimbly from the left or slow brain (analytical) to the right or fast brain (intuitive, creative and contextual) and vice versa. However, we kid ourselves if we trust that merely introducing some hours of "philosophy" courses, for example, will do the trick. In fact, there is no evidence that they help to develop "lateral thinking", "blink", etc. (hot thinker Nassim Taleb even claims “the French cannot think outside the box”); terms coined by various researchers to express sharpened and holistic cognitive skills.

Clearly, exam-oriented education driven by rote learning overemphasises the use of the left or slow brain. If churning out thousands of citizens every year with literal perspective on every encounter and dampened entrepreneurial spirit is not what we desire, we need to urgently revisit school curricula.


They must not only be significantly broader but, in addition, they must be inquiry-based from the very start to ignite both the right or fast and left or slow brains. Interdisciplinary approach to learning is key.

To reduce the risk of being led astray, we must remain wary of leaders from all walks of life who pretend to know more than they actually do. Information must flow freely; it must be filtered and updated regularly too. This is not a case for breeding geniuses, it is about grooming more discerning citizens. A reversion to time-tested common sense is overdue.

By overcoming intellectual and cultural provincialism, we also celebrate pluralism in all its forms, foster collaboration and innovation while paving the way for a drivel–free “modernity”.