Le rule of law : C'est un principe fondamental : personne n'est au-dessus de la loi - pas même l'État, pas même le gouvernement, pas même le président. La loi s'applique à tous de façon égale. Le juge peut condamner le roi. C'est la grande idée venue du droit anglais, héritée de la Magna Carta de 1215. Ce n'est pas seulement une question de formulaires et de procédures : c'est une exigence de justice. En un mot : le pouvoir lui-même est soumis au droit.
L'État de droit : Ici, on s'intéresse à la structure de l'État. Un État de droit, c'est un État qui agit par des formes juridiques : lois, décrets, hiérarchie des normes. Il respecte ses propres règles. Il peut être contrôlé par un tribunal administratif ou un conseil constitutionnel.
Mais attention : un État peut être techniquement un « État de droit » tout en ayant des lois profondément injustes. C'est une notion plus formelle que morale.
Law and order : Là, on change totalement de registre. Il ne s'agit plus d'un principe juridique mais d'un objectif pratique : que les rues soient calmes, que les crimes soient punis, que les citoyens se sentent en sécurité. C'est l'affaire de la police, des tribunaux pénaux, de la politique sécuritaire. Une dictature peut parfaitement maintenir l'ordre public - voire mieux qu'une démocratie. Cela ne lui confère aucune légitimité.
En un mot : les gens obéissent à la loi. Un résultat, pas un principe. « Une dictature peut avoir l'ordre public, et même un état de droit formel - sans jamais connaître le rule of law. »
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