Saturday, January 1, 2011

L'héritage cosmopolite mauricien à l'épreuve des valeurs toxiques et exotiques


Is there such thing as "valeurs universelles"? Should we not rather try to identify values we share and strive to live and breathe them with no supremacist and proselytistic zeal whatsoever? Est-ce que les valeurs proclamées par la "république" française sont effectivement plus citoyennes que celles vécues dans la "monarchie" suédoise par exemple? Should policies be "blind" or
"neutral" and "affirmative" (with a sunset clause) to ethnicity and gender? Should the institutionalisation of religion be singled out for fomenting the nu-bann and bann-la divide? Or is it rather its instrumentalisation? The following insights may help shedding light on what is merely alieniation and what is truly inspirational.

La vraie division du monde n'est pas entre Orient et Occident, entre Nord et Sud, mais entre les cons et pas cons.
Marjane Satrapi, auteure de bande dessinée

The ability to think critically;to transcend local loyalties and to approach world problems as "a citizen of the world"; and, finally, to empathise make or break democracy.
Martha Nussbaum, philosophe

To be race-blind, paradoxically, requires us to be race-conscious. This means recognising how race can be divisive if not handled with care.

Eugene Tan, law professor 

Je dirai que c'est la cohérence de la pensée complexe qui contient la diversité et permet de la comprendre. J'adhère à ce qui peut être dit sur la diversité des psychologies, des héritages culturels. Cependant, la diversité doit être pensée en se fondant sur la cohérence et la compréhension.
Edgar Morin, philosophe

"Tolerance" is not only a question of enacting and applying laws; it must be practiced in everyday life. Tolerance means that believers of one faith, of a different faith and non-believers must mutually concede one another the right to those convictions, practices and ways of living that they themselves reject. This concession must be supported by a shared basis of mutual recognition from which repugnant dissonances can be overcome. This recognition should not be confused with an appreciation of an alien culture and way of living, or of rejected convictions and practices.
Jurgen Habermas, philosophe

The “toleration” that was the watchword of the Enlightenment philosophers is not enough, thinker Tariq Ramadan argues. Toleration literally means “to suffer” or “to endure” the presence of others and implies a relationship of domination; the powerful are requested “to moderate their strength and to limit their ability to do harm”. But such grudging acceptance is detrimental to both the person who tolerates and the one whose presence is merely endured. What is required is respect, based on a relationship of equality. Tolerance can “reduce the other to a mere presence” but “respect opens up to us the complexity of his being”.
Karen Armstrong, écrivain

Too many countries still cling to the hope that once societies democratize, modernize, and develop economically, then ethnic politics will disappear. So far as I can tell, there is no evidence for believing this, and much evidence to the contrary. Some of the deepest values of liberal democracy – including foundational commitments to individual freedom, political equality and human rights – operate to support and sustain ethnic politics. We need to acknowledge this and to prepare for it when thinking about the sort of democratic society we wish to build.
Will Kymlicka, philosophe

Nous avons besoin d'un nouveau modèle de société où les différences religieuses ou culturelles sont mises en avant et où elles sont reconnues et valorisées. C'est très sain ces différences, il ne faut pas les diaboliser. Nous sommes certes différents mais la construction de notre mauricianisme ne se fera pas en dehors de nos différences mais à partir de ces différences.
Jonathan Ravat, étudiant chercheur 

Le modèle républicain français postule que les citoyens français possèdent tous la même identité culturelle. En fait, c’est même la seule identité acceptable.
Ezra Suleiman, professeur de science politique 

Only primitive societies that allow no differences of any kind, and dictatorships, which control all aspects of life, are free of parallel societies
Henryk Broder, journalist.

Les responsables politiques ont accordé une reconnaissance inédite aux autorités religieuses, devenues les porte-parole des différentes communautés. Résultat, ces voix se confondent aujourd’hui avec celle du clergé. Et l’on assiste à un phénomène nouveau : le développement de la pratique religieuse chez des gens qui n’étaient pas spécialement pratiquants jusque-là. Mais comme on ne cesse de leur répéter que c’est leur origine religieuse qui les définit, ils finissent par y croire.

Amartya Sen, professeur d'économie et de philosophie

Quand la peur devient si intense et si interne, et le préjugé si viscéral et si partagé, le désir de démasquer l’ennemi potentiel, de l’exposer, d’en révéler l’identité profonde et secrète devient un besoin presque anal ! Je crains que la fixation sur le voile ait davantage à voir avec cette forme de l’analité qu’avec la laïcité !
Achille Mbembe, historien

In France debates about multiculturalism occur under the overarching canopy of laïcité, a term that loosely but inadequately translates into English as "secularism". With laïcité the state actively expels religious life beyond a border that the state itself has defined by law. Laïcité actually fosters religion by making it a separate category. It reinforces religious identities rather than allowing them to dissolve into more diversified social practices.
Malise Ruthven, historien

Depuis une vingtaine d’années, c’est de certains intellectuels, de la gauche dite «républicaine», que sont venus les arguments au service de la xénophobie ou du racisme. Le Front national n’a plus besoin de dire que les immigrés nous volent notre travail ou que ce sont des petits voyous. Il lui suffit de proclamer qu’ils ne sont pas laïques, qu’ils ne partagent pas nos valeurs, qu’ils sont communautaristes...
Jacques Rancière, philosophe

Le mot “république” n’est-il pas désormais trop contaminé par une acception nationaliste, réactionnaire, xénophobe, raciste? Le "communautarisme", c'est la visibilité de gens dont on voudrait qu'ils soient invisibles. C’est ainsi que, grâce à l’usage de “république” et de “communautarisme”, se dessine en creux, l’image d’une nation composée exclusivement de gens d’apparence européenne, quelle que soit leur nationalité.
Christine Delphy, sociologue


En France, le mot même de communauté (communauté d'intérêts, communauté de voisinage) est dégradé en "communautarisme" pour désigner une forme régressive de citoyenneté.
Laurent Mucchielli, sociologue

Le propre du modèle universaliste hégémonique c’est de dire: notre civilisation est à l’origine de la modernité, ou d’une certaine idée de la modernité, et si vous ne vous y soumettez pas, c’est que vous êtes arriérés. C’est pourquoi il produit du communautarisme, par réaction, puisque ceux qui doivent s’y plier ont été exclus de sa construction.
Mondher Kilani, anthropologue

C'est notre modèle culturel-catholique-français de l'imaginaire de "La France Éternelle", qui nous a empêchés et continue de nous empêcher de comprendre ce qui se passe ici et de développer une stratégie.
Filip Fanchette, prêtre

A force de rouler les mécaniques, les intellectuels normalisés par l'idéologie christiano-laïque à la française se sont enfermés dans une attitude qui évacue tout ce qui n'est pas digérable en France.

Pierre Legendre, psychanalyste

Aujourd'hui, force est de constater que le républicanisme français a fait faillite, car il ne sait pas gérer une société pluriculturelle. Le républicanisme n'a aucune perspective d'avenir; il ne sait pas raconter ce que peut être l'avenir.
Jean Baubérot, historien

La laïcité est une forme d'étroitesse d'esprit. Elle favorise l'homogénéité alors que ce qui est nécessaire pour promouvoir la tolérance, c’est la difference.
Rachael Levy, journaliste  

Simple notions of "Laïcité", à la française, which simply tried to marginalize religion, are no longer adequate to our situation.
We can no longer have a civil religion – not one based on God, nor on laïcité and the rights of man, nor, indeed, on any particular view. We live, today, in uncharted territory. We face a challenge that is unprecedented in human history: creation of a powerful political ethic of solidarity self-consciously grounded on the presence and acceptance of very different views.

Charles Taylor, professeur de science politique et de philosophie

If racism has been the subtext of the foulard controversy in France, historian Joan Wallach Scott argues, then laïcité was its expression. Those who supported the ban on headscarves argued that laïcité was not simply secularism but a universal notion that was also unique to France. They called it une singularité française. Upon closer scrutiny, however, this particular notion seemed to be quite accommodating to Catholics and rather intransigent to others.
Laila Lalami, romancière

The social and political measures taken by Mustafa Kemal Ataturk were very much influenced by the French laïcité, which more than being pluralist and inclusive was monolithic and exclusivist. Turkish elites asserted that religion was an “obstacle to progress.” and, therefore, they incorporated the French laïcité, rather than the less confrontational Anglo-Saxon secularism, which allowed no role whatsoever for faith in public life.

Ramin Jahanbegloo, philosophe

I must point out that the great killers and ethno-nationalists of our times, strangely enough, have come not from among religious fanatics but from non-believing secular-rationalists or ideologues using religion and ethnicity instrumentally. Adolf Hitler was not religious at all nor was Joseph Stalin. In South Asia, the great theoretician of Hindutva, Vinayak Damodar Savarkar, was a secularist who thought it irrational to consider the cow sacred and refused a Hindu funeral to his wife and to himself.
Ashis Nandy, sociologue 

In contrast with laïcité, for example - often described as the most extreme interpretation of western secularism -, the Indian model does not see a wall of separation between politics and faith but, instead, insists on the neutrality of the state towards religion. Indian secularism does not require the state to be irreligious or anti-religious; nor does it ban religion from the public sphere.
Mehdi Hasan, éditorialiste

La conception laïque de séparation public/ privé n’est qu’un modèle d’État-nation parmi d’autres. Pour les systèmes de pensée de l'Hindouisme ou de l'Islam, cette séparation n'a même pas lieu d'être. Il existe, par exemple, des prescriptions politiques dans les Vedas.
Belall Maudarbux, universitaire

Lorsqu'on dit que la laïcité est le fait que le religieux doit rester dans le privée, on n'est plus dans la définition juridique de la laïcité mais dans la définition idéologique.
Olivier Roy, politologue

La laïcité est un principe qui devrait s'appliquer aux institutions et non aux citoyens.
Cécile Laborde, politologue

My parents are Indian and proud of it. They have Indian friends whom they meet regularly at weekends, eating Indian food, sometimes in Indian dress and speaking in Hindi. But they have just as many close friends who are white and British. Their next-door neighbours – the Hallows – are one of the most wonderful families I have ever met. They created a gap in the fence between the two homes so they could come easily into ours and my parents go into theirs. It is a tiny but perfect example of integration – and it relies wholly on the fact that every person involved embraces multiculturalism.When I was growing up, people in India used to call me a "coconut": brown on the outside and white on the inside. I hope they never do that again.
Anushka Asthana, éditorialiste

Le défaut de tous ces programmes d'études pseudo-universitaires, ce n'est pas qu'ils se concentrent sur telle ou telle minorité sexuelle, ethnique ou géographique, c'est qu'ils encouragent les membres de cette minorité à n'étudier qu'eux-mêmes, ce qui non seulement sape l'objectif même d'une éducation humaniste mais renforce la mentalité sectaire et les réflexes de ghettoïsation qu'ils prétendent éradiquer.
Tony Judt, historien

We have crafted a set of very intricate rules, no housing blocks shall have more than a percentage of so many Chinese, so many percent Malays, Indians. All are thoroughly mixed. Willy-nilly, your neighbors are Indians, Malays, etc. You go to the same shopping malls, you go to the same schools, the same playing fields, you go up and down the same lifts. We cannot allow segregation.
Lee Kuan Yew, ancien Premier minister

I am against schools representing one single world view.The state is not allowed to side with a religion or ideology. But to completely separate religion and state, that's French laicism – and it doesn't work, because it propagates a secularity for the public sphere that is itself a world view.
Pater Tobias Zimmermann, head teacher of the Canisius Kolleg in Berlin

Il n'est pas sain pour un être humain de passer trop de temps à contempler son propre reflet. Ironie du sort, les communautés de gens d'esprit semblable représentent l'un des plus grands dangers de notre univers mondialisé d'aujourd'hui. Et cela se passe partout, chez les libéraux et les conservateurs, les agnostiques et les croyants, les riches et les pauvres, en Orient comme en Occident. Nous avons tendance à former des groupes, fondés sur la similitude, et puis nous produisons des stéréotypes au sujet d'autres groupes de personnes.
Elif Shafak, écrivain

Sunday, November 7, 2010

S for Sanzman

A feeling of helplessness seems to be gripping Mauritius. To the alert observer, it has been like an accident waiting to happen. Barring self-serving politicians or self-absorbed oligarchs, today's systemic inadequacies are too in-your-face to go unnoticed. The need for enlightened leadership beyond partisan lines has never been more pressing. Without rising awareness and scrutiny among citizens and netizens, things can easily spin out of control.

New regulations through technological solutions, through public education and through the introduction of market mechanisms can potentially relieve the rampant distress. Breaking out of the spiral of mistrust is very urgent. Some priority measures have been identified. Others, such as decriminalisation of cannabis and abortion, despite being critical, but requiring wider and engaging consultation, have been omitted. Proponents of "2ème république" (laudable but quixotic) and "Duty free island" (absurd in a world of low tariffs) will be disappointed.

The list does not claim to be comprehensive. It is understood though that efforts must be synchronised and that there is no quick fix. Hundreds of policies are needed. Change is a never-ending process. All in all, it is about the triumph of substance over hype. Here's how netizens reacted.

Poll Results:

Allow Private Television
24 (75%)
Crack Down on Cartelistic and Discriminatory Behaviour
31 (96%)
Devise Nationwide Railway Network
29 (90%)
Dump Rupee Depreciation Bias
29 (90%)
Enact Freedom of Information Act
25 (78%)
Regulate Electoral Funding
26 (81%)
Reinstate Tax Breaks in Individual Income Tax and Introduce Wealth Tax
23 (71%)
Remove Incentives for Corruption from the System
28 (87%)
Reverse Decline of English Language (Global Lingua Franca)
26 (81%)
Seek Contribution of New York Cops for Crime Prevention and Detection
26 (81%)
Sex Up and Broaden School Curriculum
30 (93%)
Subsidise Small Independent Power Producers (SIPPs)
23 (71%)
Supply Water Non Stop
30 (93%)
Transform Mauritius Islands into a Slow Destination
25 (78%)
Upgrade cultural, leisure and sports facilities
27 (84%)
None
0 (0%)

Votes: 32

Tuesday, November 2, 2010

Casse-tête chinois



L’hégémonie occidentale s’est tellement infiltrée dans notre quotidien que nous avons tendance à occulter la contribution historique des autres civilisations à l’édification de la modernité. La (re)floraison de la Chine, par exemple, dénote le caractère “cyclique” de l’humanité, contrairement au postulat “fin de l’histoire” énoncé par le penseur néo-conservateur Francis Fukuyama en 1989.

Avec la création de la République populaire de Chine en 1949, sous l’impulsion de Mao Zedong, le pays a vécu un développement mitigé avant de toucher le fond. Ce n’est qu’à partir de 1977, quand la bande de Den Xiao-ping oriente le pays vers l’économie de marché, que l’espoir renaît. Etant donné l’imprégnation du maoïsme, sa révision ne peut s’inscrire que dans une logique de long terme.

Petit à petit, l’économie chinoise se libère de la propriété collective au profit de la propriété privée. Les réformes entamées pour rendre l’environnement pro-marché récoltent maintenant les dividendes : le flux des investissements étrangers et, dans leur sillage, le transfert de savoir-faire, n’arrêtent pas de croître.

Auparavant ringardisé, le label “Made in China” est aujourd’hui omniprésent. Si l’Inde est en passe de se métamorphoser en laboratoire technologique du marché mondial, la Chine s’affiche déjà comme son usine de biens de grande consommation – fabriqués sous licence ou contrefaits – tels l’habillement, les jouets, les équipements sportifs et les produits électroniques. Le tout, de surcroît, offert avec un excellent rapport qualité-prix.

D’une façon ou d’une autre, tous les autres pays sont chamboulés par cette nouvelle donne, même s’ils n’adoptent pas tous les mêmes attitudes à son encontre. Les tigres asiatiques contemplent l’expansion de leurs marchés dans un partenariat avec le dragon chinois : d’abord à travers la consommation chinoise et ensuite à travers un cluster en tant que fournisseurs de produits à faible valeur ajoutée destinés à être transformés et réexportés. Bref, c’est tout un bloc qui se constitue.

Au sein des pays développés, la réaction est plutôt ambivalente. Même s’il est vrai qu’une partie de la production chinoise est toujours subventionnée par l’Etat, est-ce que certains pays occidentaux – qui font de même dans le domaine de l’agriculture où ils privent les pays africains d’un marché potentiel – sont crédibles lorsqu’ils évoquent le dumping? Parallèlement, les nouveaux riches chinois représentent une clientèle friande de produits de luxe européens.

Des nombreuses voix, occidentales surtout, s’élèvent pour réclamer une “réévaluation” du renminbi (l’autre nom du yuan, littéralement “monnaie du peuple”). Celui-ci, indexé au dollar américain de 1994 à 2005 – ce qui signifie que, par rapport aux autres monnaies, le renminbi fluctuait au même rythme que le dollar américain –, bénéficie actuellement du fléchissement de ce dernier. Alors qu’au préalable lorsque le dollar, et par induction donc le renminbi aussi, étaient plus vaillants, personne ne rouspétait. Depuis, par rapport au même dollar, le renminbi s'est apprécié de 25%.

L' éditorialiste de Time, Fareed Zakaria, résume lucidement l'imbroglio: China bashing is "at best pointless posturing and at worst dangerous demagoguery. Chinese companies make many goods for less than 25% of what they would cost to manufacture in the U.S. Making those goods 20% more expensive won't make American factories competitive. The most likely outcome is that it would help other low-wage economies. The best and most effective response to it is not threats and tariffs but deep, structural reforms and major new investments to make the U.S. economy dynamic and its workers competitive."

Les autres pays émergents, Maurice notamment, se contenteront des “miettes”. Ces “miettes”, néanmoins, il va falloir aller les chercher car il y aura de moins en moins d’accords préférentiels pour les garantir. Il n’est pas question seulement de positionnement sur le marché ou de “fine-tuning”, le modèle mauricien de développement lui-même doit être revisité.

Dans un monde de plus en plus intégré, l’odyssée chinoise démontre l’importance de l’ouverture sur l’extérieur et de la stabilité monétaire dans la vitalité d’une économie. Si nous envisageons enfin de réconcilier la vision avec l’action, nous serons alors en harmonie avec la profession taoïste du yin et du yang, cette philosophie d’équilibre qui inspire l’ethos chinois depuis plusieurs siècles.

A nos “policymakers” d’inaugurer la voie jamais empruntée jusqu’à présent : le micromanagement. C’est-à-dire, l’amélioration de notre compétitivité en passant par une stratégie ciblant l’ajustement de l’environnement général afin que tout le monde soit efficient sans le soutien d’une monnaie de singe, mais avec celle “du peuple”.

Thursday, October 28, 2010

A Rebuttal to a Wicked Call

Here we go again, our advocates of reverse affirmative action are exposing their exchange rate fetish. The following is an excerpt from The Economist to debunk the ongoing deception:

"In setting its interest rates, the Federal Reserve worries about growth and inflation. It does not concern itself unduly with the dollar. Policymakers in emerging economies, by contrast, cannot afford that luxury. In countries prone to high inflation, a stable exchange rate helps to anchor prices. Such economies have also usually borrowed in dollars or euros, because their creditors insist on being repaid in hard currency. A precipitous fall in the currency can make these debts insupportable. For these reasons, emerging economies must often raise interest rates in the teeth of a slowdown in an effort to defend their currencies. Rich countries can afford to treat their currencies with benign neglect. Emerging economies cannot".

A country's competitiveness is indeed not a zero-sum game. That is, it does not rest on policies dictated by the whims of fat cats whose wish is to have the cake and eat it. Real competitiveness is the legacy of an environment conducive to productivity gains everywhere. Truly, persistent rupee depreciation acts as the single most pervasive disincentive in the creation of the required synergy. The more so when the manufacturing process has a high import content.

In addition to more competition in the financial sector, the key to slashing domestic borrowing costs, so that they compare favourably with our foreign competitors, is to convince market participants that the rupee is volatility-proof. Interest rate differential is essentially a reflection of risk premium. By the way, is there any good Samaritan to enlighten navel gazers to the fact that, say, euro's behaviour on international markets is not Mauritius-grown?

A downturn is inherent to economic and business cycles. It should be an additional incentive to dump exotic and delusional thinking. The relevance of the response is all that matters and it tests the mettle of leaders in all walks of life.

Wednesday, October 20, 2010

Un divorce douloureux

"In no other country is the elite so willing to let fine phrases overrule hard thinking, to reject the lessons of experience in favour of delusions of grandeur, and to blame it all on someone else"
Paul Krugman


En affublant ainsi le coq gaulois, l'économiste incisif ne s'imaginait manifestement pas qu'un tigre, celui de l'océan Indien, pouvait aussi faire preuve de nombrilisme et de suffisance. Avec une exposition quasi-hégémonique aux médias franco-français, l'infiltration insidieuse de ce syndrome parmi nous est-elle si surprenante ?

Si le constat de bon sens est dépressif, il montre en tout cas que le déclin de la politique, au sens noble du terme, est un problème fondamental. Il serait néanmoins malveillant de l'attribuer au seul gouvernement actuel. Le messianisme promettant officiellement le bien-être pour tous, mais qui cible dans les faits "ceux qui comptent", est un leurre qui a fini par être mis au jour.

Ce mépris a engendré une crise identitaire et un repli communautaire au point d'ethniciser même les Chambres de commerce. Au lieu d'être servi par un leadership qui éclaire simultanément avec des qualités comme la sagesse, la fermeté, la vision et la diligence, nous avons été dirigés, depuis notre indépendance, par des capitaines respectifs qui les incarnent isolément, hélas parmi d'innombrables tares.

Pour évacuer le sentiment d'incompétence et de peur du changement par rapport à une réalité hostile, le recours aux échappatoires fait partie du mécanisme de défense de l'humain. Le discours narcissique, par exemple, est une tentative qui aspire à transformer une période "faste" du passé en mythe, censé générer une fierté.

Or, un développement qui se veut durable requiert une approche critique et globale, capable d'identifier les blocages et de les surmonter. Le taux de croissance économique n'est pas en soi un critère de progrès. En le disséquant, nous constatons qu'il a été drivé par des accords préférentiels, par une roupie inflationniste et, dernièrement, par une bulle immobilière et des dépenses publiques. Paradoxalement, une telle croissance nous a sclérosés. N'en déplaise aux bien-pensants, éblouis par l'artifice, notre développement a été d'ordre infrastructurel et surtout polarisé.

Ce qui compte véritablement c'est le "
trickle down" de la richesse nationale, pas celui de l'autisme en face de la mondialisation. Il est bien naïf de croire que le "feel good factor" éphémère déclenché par un événement populaire ou un regain de croissance dans certains pays développés sont suffisants pour nous sortir de notre désenchantement. Notre avenir se construit, d'abord, chez nous. En toute humilité.

Wednesday, October 13, 2010

Tigre certes mais pas de papier!

Dans les années 1970, Edouard Lim Fat avait suggéré de transformer Maurice en une île duty free.

Si nos gouvernements successifs avaient souscrit à cette vision tout en profitant d’une part, des préférences commerciales pour pallier le déficit de notre situation géostratégique en terme de dynamisme et d’autre part, du boycott international des produits sud-africains sous le régime de l‘apartheid, nous serions aujourd’hui probablement en train de négocier, à l’image de Singapour, des accords de libre-échange avec d’autres partenaires aux quatre coins du monde au lieu de quémander davantage de compensation.

La petite taille de leurs marchés intérieurs ne favorisant pas suffisamment d'économie d'échelle – cette notion relative ne doit toutefois pas être un prétexte pour masquer les inefficiences et crier au dumping face à la concurrence internationale – les cités-Etats doivent impérativement s’ouvrir davantage que les autres sur le monde extérieur pour assurer leur expansion économique. Cela s’est vérifié pendant la Renaissance avec Florence et Venise. Aujourd’hui Dubayy, Hong Kong et Singapour le démontrent. Djibouti se positionne. Maurice ne peut y échapper.

Toute logique d’ouverture additionnelle comporte aussi des risques de dérives additionnels. D’où l’imminence d’un Etat qui optimise l’usage de tous ses rôles. D’abord en tant que régulateur pour assurer une stabilité institutionnelle raisonnable surtout au niveau parlementaire (pour garantir une permanence de l’Etat), légal (propice à une rule of law forte), fiscal (la politique de taxation et la gestion efficace de l’argent des contribuables), monétaire (la Banque centrale) et des garde-fous (la Commission de la concurrence) pour contrer les défaillances inévitables du marché.

Ensuite en tant que facilitateur pour l’aménagement des infrastructures de développement et des mécanismes d’encadrement. Finalement, n’en déplaise aux tenants de la privatisation tous azimuts, en tant qu'acteur (en joint-venture avec des véritables leaders mondiaux quand il le faut) non seulement dans des domaines comme la santé et l’éducation où le secteur privé ne s’aventure pas assez mais aussi dans d’autres segments qui nécessitent des moyens financiers colossaux. La finalité étant d'offrir des prestations «world class» sans évidemment dilapider les fonds publics.

Sans l’intervention de Temasek Holdings, le bras d’investissement de son gouvernement, Singapour n’aurait pu permettre l'émergence des services aéroportuaires et portuaires d’un si haut niveau. Idem pour d’autres services comme les télécommunications, les lignes aériennes, les laboratoires de recherche etc. Dubayy aussi emprunte cette voie. Ceci n’est pas une apologie du dirigisme mais un bémol par rapport à ceux qui, comme l'avait souligné John Kenneth Galbraith, «make their graduate days last a lifetime» et qui sont incapables d’appliquer leur connaissance et leur savoir selon les conjonctures et les contextes.

Pourtant, lors d’une visite il y a plus d’une quinzaine d’années chez nous, Lee Kuan Yew a bien insisté sur le fait que Singapour n’ait aucun modèle à exporter auprès d’une audience impressionnable et avide de formule TINA (There Is No Alternative). Manifestement, le message n’est pas passé si on se réfère à la secte qui s’est formée depuis autour de quelques technocrates messianiques. L'ouverture et la démocratisation économique sont des objectifs gratifiants. Encore faut-il se donner les moyens pour que l'élaboration du programme ne s'apparente pas à une expérimentation motivée par le mimétisme et la médiocrité.

Effets pervers
Quelques initiatives, aussi louables et pertinentes qu'elles puissent être en théorie, ne constituent pas une stratégie. Sans faire preuve de la «lateral thinking» chère à Edward de Bono – c'est à dire la faculté de déconstruire un système pour détecter ses liens intrinsèques et ensuite de développer des solutions créatives pour connecter ces même liens dans un mouvement fluide avec le moins d'obstacles visibles et invisibles possible – nous ne faisons que délocaliser les goulots d'étranglement. Changer de schéma de développement exige aussi que nous nous débarrassions du «syndrome de Palma Road». Vous devez sûrement avoir maudit ces fameux ralentisseurs.

Nous sommes dans une crise systémique et nous ne pouvons plus nous contenter de fonctionner dans l'urgence avec une approche parcellaire sans aller à la source de nos manquements. Face à un monde en mutation permanente où la précarité crée de plus en plus d'angoisse chez les citoyens, l'Etat doit non seulement être un réformateur permanent, il doit aussi avoir suffisamment de charisme pour être coercitif quand il le faut et exprimer de l'empathie pour accompagner la transition.

Comment peut-on envisager davantage d'ouverture économique et de fusionner nos secteurs onshore et offshore pour devenir un centre financier international sans une convergence macroéconomique avec les pays «développés»? Les monnaies de Dubayy et de Hong Kong sont indexées au dollar américain. Alors que la roupie mauricienne n’arrête pas de dégringoler face au dollar américain – elle a perdu plus de 90% de sa valeur en trente années – le dollar singapourien est devenu une monnaie internationale – il a gagné entre-temps 40% avant de se stabiliser.

Il ne suffirait pas de construire des shopping malls (ce qui ravirait certes les promoteurs fonciers) pour que Maurice devienne une plateforme de shopping. En sus des visiteurs, les paradis du shopping puisent une bonne partie de leur clientèle localement. Or, avec un pouvoir d’achat rongé inlassablement par la dépréciation de la roupie, très peu de Mauriciens peuvent prétendre intégrer cette masse critique primordiale à la rentabilité des enseignes internationales comme Ikea ou Zara. N'évoquons même pas Jimmy Choo ou Prada.

Idem pour d’autres plateformes comme celles de la santé et de l’éducation. Dans le domaine des loisirs ou de la culture, où Maurice est un désert, Singapour attire des artistes tels le Cirque du soleil ou Shakira. Il n’y a que les «caddiemétristes», conditionnés par des statistiques schizophrènes surtout lorsqu’elles sont calculées en roupies dévaluées, qui ne mesurent pas encore le degré d’appauvrissement de la population mauricienne.

Mis à part la minorité qui se gave d’achat ostentatoire, la grande majorité est empêtrée dans un piège de l’endettement qui ne laisse que des miettes comme revenu disponible. Dans ces conditions, modifier les modalités qui compensent à peine l’érosion du pouvoir d’achat relève de l’indécence. Aussi longtemps que le gouvernement ne s'arme pas de l’audace requise pour mettre un terme à la politique délibérée de dépréciation de la roupie, nous poursuivrons nos activités sur la «route de la servitude». Le signal doit être sans appel.

Nous avons un immense fossé à combler au niveau de notre productivité. Maurice dans sa globalité doit pouvoir offrir des biens et des services «value for money», qu’il s’agisse du fret, du loyer, ou de l’alimentation. Toute notre structure doit être allégée. Il faut réduire drastiquement le coût de la vie des résidents et le coût d’exploitation des entreprises. Notre compétitivité dépend de notre prédisposition à l’innovation. Le fait que de plus en plus de Mauriciens soient réfractaires aux mathématiques et à la langue anglaise, lingua franca de la transmission des idées dans le «village global», n’arrange pas les choses.

Leadership éclairé
Selon John Rose, le patron de Rolls-Royce, les Singapouriens «spend all day thinking about how they can be smarter and attract more people as they have no natural resources other than their people». Effectivement, ils sont à la recherche de l'excellence (ce qui sous-entend qu'ils ne s'extasient pas lorsqu'ils surclassent les burundais ou les fidjiens par exemple dans des indices internationaux) dans tout ce qu'ils entreprennent. Rien n'est laissé au hasard. Les dirigeants savent créer les conditions pour permettre à un maximum de personnes de s'investir pleinement et de ne pas sombrer dans l'indifférence et se limiter à une pensée à court terme, dans la recherche de leur intérêt immédiat.

Les Singapouriens ont le sentiment d’évoluer dans un environnement prévisible. Singapour prévoit une croissance économique d'environ 15% et les employés anticipent une augmentation de salaire. En revanche, d’après certains de nos «experts», Maurice doit tabler sur une croissance d'environ quatre points supérieurs au 4% escompté pour faire démarrer la machinerie et espérer absorber le chômage. Si 4% de croissance équivaut à zéro de croissance, cela démontre l’ampleur des distorsions dans notre économie.

Il n’est guère étonnant que pour s’adapter à la crise asiatique de 1997, les Singapouriens étaient disposés, dans un élan de responsabilité collective, à sacrifier une partie de leurs salaires avec la conviction qu’aussitôt les nuages dissipés ils retrouveraient leur même niveau de salaire. Contrairement au cynisme réciproque entre les Mauriciens et nos élites en général, une relation de confiance s’est forgée entre le peuple singapourien et leur gouvernement. Sans une synergie entre tous les partenaires, il est impossible de concevoir un pays performant.

La métamorphose de Singapour d’un pays du tiers monde en un pays de référence internationale dans plusieurs domaines porte le sceau du leadership iconoclaste de Lee Kuan Yew. Les théoriciens pourront déceler chez lui des concepts hybrides, du libéralisme politique (John Locke) à l'ordre morale et la discipline (Confucius) en passant par l’empirisme «trop de taxe tue la taxe» (ibn Khaldun). Il réconcilie le postulat de Adam Smith par rapport au rôle visionnaire et anticipateur de l'entrepreneur à celui de Karl Marx qui a rendu au travail sa plus-value.

Lee Kuan Yew ne considère pas la démocratie d'abord comme un système politique, mais avant tout comme un système intellectuel qui façonne par étape les us et coutumes de la société, lui attribuant ainsi une dimension sociologique et psychologique. Pour la mise en oeuvre de son projet, il s'allie à ceux qu'il identifie comme des agents de changement tout en traquant les tentations corporatistes et ceux qui s'opposent à ses idées «par principe» (c'est à dire ceux qui conçoivent le monde à travers un prisme idéologique qui est souvent teinté d’eurocentrisme). Sans l’intelligence du contexte, ses détracteurs ne pourront jamais jauger la pertinence de sa méthode.

Pour sortir de notre «cocon», il nous faut un leadership hands on puisant dans du savoir pluridisciplinaire, du flair et de la sagesse. Seule une révolution de l'ethos mauricien peut inspirer un changement de paradigme pour passer du «bland leading bland» au cercle vertueux. Au lieu de privilégier la superficialité et de contribuer au «dumbing down», commercialité oblige, les mass média ont aussi un rôle crucial à incarner dans cette quête.

Monday, April 5, 2010

Whatever Happened to Our Brains

"We are entering an age of complexity, diversity and collaboration in which skills like holistic thinking and critical analysis will be essential"
Noreena Hertz, globalisation thinker




What is the goal of an education system? Should we agree that basically it is about grooming well-rounded citizens who can think critically, then our schools would have roughly lived up to the criteria. That is until the tipping point somewhere in the late 1970s or early 1980s when globalisation kick-started a worldwide cut-throat competition to grab market shares.

Since then, our brawns have been under tremendous strain, while simultaneously, our brains have not been blessed with the adequate training to cope with the fresh challenges and seize the emerging opportunities. Merely echoing "world-class education" or "knowledge hub" endlessly will certainly not allow us to measure up. As if the whole world is chilling out watching us staging a sham named "Drool over how smart Mauritius is".

A touchy issue like education calls for an approach that is savvy. Without an intuitive understanding of systemic lapses, without elaborating a strategy with all stages spelled out, without engaging all stakeholders, barring the media darlings who ironically are rarely the least pampered and influential, every reform proposal will remain an act of self-deception and wish fulfilment and will eventually backlash.

Too many children have already been left behind. The social timebomb has been ticking louder and louder. Yet we played a deaf ear. Now we cannot afford to turn a blind eye on widespread social ills, to a large extent the pitfalls of that self-indulgence. The system is disproportionately skewed towards the mightily-networked. It is no wonder that the capability-deprived gets so mentally oppressed. In that context, the false consciousness to cheer the alienated up through revenue generated by her own bets in the Gambling Industry is insane.

The truth is that a synergy to address the root causes of disenchantment - namely endemic discrimination, gaping social inequalities and ever-declining purchasing power - is critical to upgrading our human capital. More centrally, our education system needs to be overhauled. Latest technologies have significantly modified the psyche of the new generations. The approach to learning must be sexed up to accommodate them.

Learning by memorisation is unavoidable but its share must be gradually scaled down to focus more on interactive play. This means that students learn more through inquiry and research. The Reform group, a United Kingdom-based think tank, warns that "exam-obsessed modules have created a "learn and forget culture" - which is akin to using a sat-nav rather than map-reading skills".

If properly implemented, experiential learning can reap many benefits:
  • it makes learning fun and that is not a negligible asset when we know that boys, especially, lag behind because they tend to get bored by too much emphasis on formal learning;
  • it has the potential to unleash education's ultimate objective: self-development through self- and life-long learning;
  • it creates a critical bent of mind and integrates learning as the transdisciplinary path urges students to explore the complexities of the world.

Education reform is hotly debated worldwide. However few countries are being bold and innovative enough. Among other suggestions, Mauritius is contemplating International Baccalaureate (IB)'s Diploma Programme (DP) as an alternative to the obsolete Higher School Certificate. That is laudable. IB is arguably among the best tested comprehensive methods so far. The caveat is that most students will struggle to adjust to IB's core skill requirements because IB is based on a creative mindset compared to what traditional education actually feeds on.

That creative mindset can only be acquired through a curriculum conducive to the development of the required cognitive skills right from the start of schooling. Contrary to what is generally assumed, IB is not limited to DP, it also steers Primary Years Programme (PYP) and Middle Years Programme (MYP). It is no coincidence that, as it braces itself to imprint its spirit onto globalisation, India has vowed to "detraumatise and internationalise learning" by modelling its education system on IB.

As it shifts to experiential learning, Singapore is introducing Kidz Haven in pre-primary schools to ease up the transition. Likewise, an increasing number of schools around the world are embracing Montessori's ethos. Academic skills must go hand-in-hand with social skills. Under mounting peer-to-peer desocialisation, namely, bullying is on the loose. To rein in unruly boys and mean girls, Canada has launched Roots of Empathy, a classroom program aiming at "building caring and peaceful civil societies through the development of empathy in children".

Lately, two educational issues have prompted a passionately contested tug of war. Some reactionaries even praise "private tuition", a misnomer for extended-school-hours-made-compulsory. Merely legislating against an ingrained practice, however absurd, is bound to backfire because it is very likely to be considered arbitrary. The entire environment needs to be reengineered. This is how Doha Academy, a private school, has managed to ban "private tuition" while still offering the much-dreaded Certificate of Primary Education, for instance, and thriving.

Next came Morisyen as teaching medium. Notwithstanding the relevance of the use of mother tongue, does the fact that English language has become a closed book to many undermine comprehension? If not, why then did the shortcoming not arise decades before? A language is not a communication tool only, it comes with the cultures it absorbs. English language (jointly with its hybrid offshoots such as Hinglish, Chinglish, Spanglish and Singlish), de facto global lingua franca, offers perspectives like no other language. By letting it sink, we have opened the doors to the primacy of another language that is importing parochialism instead.

To narrow the gap, the Mauritius Broadcasting Corporation must air infinitely more cartoons, movies and shows in English Language and/or English language subtitles. Watching celebrity chef Nigella, for example, as she feasts over a tiramisu in her native tongue is simply irresistible. Immersion is key. On another note, we must get rid of the ethnic segregation we internalise early at school where the study of Oriental languages merges with religious items. We must rather sit together to share values, religious or else, to develop respect for the Other.

We have yet to recognise and harness our unique and promising brand of cosmopolitanism. Celebrating our diversity in itself is already a source of invaluable creativity. National Geographic's tagline "Live Curious" must go viral. Not in terms of gossip-mongering though. But by allowing new ideas grow on us and contribute to improve our well-being. No education reform will be complete without the teaching profession regaining its sense of purpose to lure and reward the best and most dedicated brains.

We do not know what the future holds. What is sure is the world will be different. We can only keep our fingers crossed until a transformational leadership rescues us. But are we sufficiently alert to tell the misfit between, say, Bernard Henri-Levy (that intellectual charlatan hyped as a philosopher) and Martha Nussbaum (a humanist thinker who sees herself as a global citizen)?