Monday, August 3, 2026

L'IA optimise nos énergies et nos désirs. Elle n'a pas le souffle créatif pour aller plus loin

L'IA nous surpassera probablement en matière d'information et de performance mécanique, et pourra même simuler la sagesse et le jugement esthétique — mais elle ne sera jamais un génie, car elle ne fait qu'équilibrer des données en fonction de nos désirs.

Cette affirmation s'affine au fil de la réflexion : « se contenter de suivre des données et des désirs » ne peut être la ligne de démarcation, puisque la cognition humaine est elle aussi façonnée par des données et des désirs. Et « puiser dans un fonds collectif » ne le peut pas non plus, car aucun génie individuel ne crée à partir de rien. L'originalité absolue est une illusion ; chacun recombine une matière commune.

Ce qui distingue véritablement le génie, ce n'est donc pas la matière, mais la capture — la manière singulière d'une personne de courber cette même lumière partagée. Et ce qui rend cette capture durable à travers une œuvre, c'est la continuité : un dialogue avec soi-même qui dure des décennies, chaque pièce tendant vers quelque chose que l'on ressent sans encore l'avoir atteint, porté par de véritables enjeux — la réputation, l'obsession, le risque de se tromper.

C'est ce qui manque à l'IA actuelle — non pas l'originalité, puisque personne ne la possède réellement, mais un arc auto-référentiel soutenu dans le temps, et quelque chose à perdre. Elle recommence à zéro à chaque fois. Elle peut donc très bien approximer le fonds commun, mais elle n'a pas encore de capture qui lui soit propre.

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